À propos
A ce cheminement se sont ajoutés d'autres questionnements : la provenance et la traçabilité des matières pas toujours faciles à identifier, un vaste choix de matières et de motifs qui au final préside à une uniformité, et avouons-le, une certaine lassitude dans mon travail.
Une lassitude du travail en série : une fois le prototype défini, c'est parti pour une série de dizaines de jupes ou de sweats, où seul la couleur et/ou le motif diffèrent.
En 2024 j'initie alors Les chevaux sauvages.
Sous ce nom évoquant la liberté, je réalise un travail d'appliques que je couds sur des vêtements de seconde main et propose principalement des pièces vraiment uniques.
Je prends un plaisir immense à chiner des textiles anciens, souvent du linge de maison (nappe, drap, rideau, torchon...) qui ont chacun une histoire : cette tâche sur cette nappe, c'était lors d'un repas entre ami.e.s ? Ce torchon oublié et piqué par le temps, puis retrouvé dans le placard de papi etc.
Des textiles choisis avec soin, pour leurs magnifiques motifs, que j'utiliserais sur quelques pièces seulement et à chaque fois pour un rendu différent.
Des motifs que j'isole : ces quelques fleurs sur ce drap et une autre dans un rideau et pourquoi pas ce chat dans cette chute de tissu qui viendrait se cacher au milieu du jardin fleuri... et me voilà partie dans mes histoires, à fabriquer mes appliques qui serviront à composer ce tableau.
Dans mes recherches textiles, je scrute en premier lieu les motifs floraux, qui sont mes préférés, souvent dans un style seventies. On retrouvera donc des fleurs sur presque toutes les pièces, elles pourront être accompagnées également de personnages, de bâtiments, d'oiseaux, de papillons etc., selon les trouvailles du moment.
Des matières trouvées chez des particuliers ou en ressourcerie, qui transforment un vêtement de seconde main (des vêtements basiques, quotidiens, utilitaires comme le sweat, le bleu de travail ou le jean) issu à l'origine de l'industrie du vêtement dit jetable, un vêtement sans intérêt ni grande valeur donc, auquel je donne un second souffle, une identité.
Ces vêtements sont accompagnés d'accessoires toujours fleuris tels que des ceintures ou des boucles d'oreilles.
Parallèlement à ce travail, je réalise des coussins : toujours dans la technique de l'appliqué, je dessine des paysages dans des cotons colorés puis je couds mon "tableau" sur une housse de coussin que je fabrique dans des draps anciens.
Je travaille également la teinture indigo écologique, en réserve, comme avec la technique du tie-and-dye ou du shibori (j'utilise une teinture végétale issue d'une persicaire à indigo de culture biologique, provenant du sud de la France).
Vous l'aurez compris, tout ce travail est accompagné d'une réflexion sur l'environnement et de l'impact de mon travail sur celui-ci.
Le textile étant l'une des industries les plus polluantes au monde, le recyclage représente une très bonne option à privilégier.